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Seconde partie : De 1789 à nos jours
1790 : NAISSANCE DU DEPARTEMENT
1832 : Description du château : Jouffroy propriétaire
Avant la construction du hangar et du grand escalier, une GALERIE surmonte la porterieLe château comme l'a vu J.J. Odille le
13 mai 1832
On a eu le bon esprit de ne pas le badigeonner
ses vieux murs se montrent avec la couleur que 5 ou 6 siècles
leur ont donné : leur teinte d'un noir jaunâtre s'harmonise
admirablement avec les grands arbres qui environnent cette
imposante construction.
Le château consiste principalement dans son énorme donjon dont les angles sont arrondis. Les murs ont 8 à 9 pieds d'épaisseur ; le jour n'y pénètre que fort adouci ; certaines fenêtres sont si étroites qu'on les prendrait pour des soupiraux.
Au rez-de-chaussée se trouvent la cuisine, la salle à manger et quelques pièces de service à l'usage des domestiques.
A l'étage, la partie la plus intéressante
est une salle immense et une très petite chapelle qui la suit.
La première a une cheminée sur le manteau de laquelle on voit
des armoiries peintes à fresque. Sept ou huit portraits sont
suspendus aux murs. L'ameublement des autres pièces de cet
étage est ancien et d'une grande simplicité ; dans un
salon assez joli, il y a quelques gravures encadrées et deux
mosaïques en petits coquillages dont l'une représentent
grossièrement le château du Pin.
Le second étage renferme les chambres à
coucher des maîtres, surmontés des greniers sous le toit.
Avant la construction du hangar et du grand escalier, une GALERIE surmonte la porterie
Sur la porterie existe une galerie qui fait saillie de toute sa longueur et aboutit à deux cabinets où sont les privés. Ces cabinets sont en l'air dans la partie où se trouvent les lunettes de sorte que si elles n'étaient pas à tuyau, on verrait les derrières qui viennent s'y poser. La galerie est supportée d'un bout à l'autre par une épaisse courtine, sur le faite de laquelle elle s'étend du couchant au levant, dans un espace de 20 et quelques pas. Elle est fermée au midi par une maçonnerie légère ; le côté opposé est constitué d'un garde-fou formé par de gros bois qui figurent des croix de Saint-André, séparés par des poteaux dont l'extrémité supérieure soutient, de distance en distance, une longue barre horizontale qui règne sous le toit à la hauteur d'environ 3 pieds. Cet endroit serait pour moi un lieu de promenade dans le temps de pluie, si j'habitais le château.
A l'inverse d'aujourd'hui, le DONJON était habité, le CORPS de LOGIS lui, était délabré
Un corps de logis à un seul étage joint le donjon au nord. C'est le logement du régisseur. Il aboutit à un AUTRE BATIMENT plus élevé et BEAUCOUP PLUS DELABRE, auquel est adossé une tour polygonale par laquelle on passe pour entrer. Ce bâtiment avait deux étages ; la chute de deux planchers supérieurs a fait disparaître tout ce qui était interposé entre le premier étage et le toit, les manteaux et les chambranles des cheminées se voient encore ; ils sont en quelque sorte suspendus contre le pignon septentrional. Cet immense galetas est rempli de merrain, de morceaux de vieux bois, de tonneaux défoncés, de fragments de meubles brisés, de fagots, de sarments et autres objets semblables lesquels figurent dans un désordre assez pittoresque. Le rez-de-chaussée de ce bâtiment sert de remise et de cuverie.
Une autre construction moins grande, qui se trouve à la suite, contient des latrines, un poulailler, un pigeonnier dans le dessus.
De l'autre côté de la cour, ce sont
les écuries et les fenils. Cette construction est adossée à de
vieilles fortifications qui se terminent au midi par une tour
semi-circulaire, couronnée d'une plate-forme et percée
dans le bas de 2 ou 3 embrasures dans lesquelles on ne pouvait
placer que des canons de très petit calibre.
Les bâtiments forment l'enceinte d'une
cour irrégulière, pavée et qui paraîtrait beaucoup plus
grande sans l'élévation de son entourage. On y entre par
une grande porte cintrée ; cette porte a eu jadis un pont-levis ;
elle était par conséquent précédée d'un fossé. Le fossé
est comblé et l'existence passée du pont-levis n'est
attestée que par les traces des deux ouvertures verticales dans
lesquelles se mouvaient ses supports.
Le jardin est situé au sud du donjon dont il est séparé par l'un des chemins qui aboutissent à l'entrée de la cour. Il est clos par de vieux murs en aussi mauvais état que l'encadrement de sa porte.
Nous avons passé environ une heure à visiter ces lieux : un jeune domestique, qui était seul au château, nous a conduit partout avec cette complaisance qui caractérise ordinairement les serviteurs de personne d'un haut rang.
Fin XIXème siècle& : La ruine complète : Trouillot propriétaire
Le château comme l'a vu G.Fraipont à la fin du XIXème
A 5 km de la ville, une imposante silhouette découpe ses tourelles pointues, en éteignoirs, sur le ciel lézardé de fins nuages, c'est le château du pin. Un collet de verdure enroule le massif donjon épanoui comme une souche robuste au milieu de la soyeuse fourrure des arbres.
Il se détache à notre gauche, sombre, lourd, pointant les tourelles... à droite l'élégante aiguille du clocher de Montain brille comme une flamme ; le village est vibrant de lumière et d'éclat, les réfractions du soleil accusent la vie par leur frissonnement ; LE CHATEAU BRUTALEMENT FIGE SUR LE CIEL EXPRIME LA MORT, le passé : ses enceintes déchiquetées, ses tourelles délabrées, ses fortifications inutiles maintenant, ses portes grandes ouvertes à tout venant indiquent LA RUINE COMPLETE.
Ce pendant des fermiers l'habitent : quand nous approchons la vie renaît : on entend des voix qui parlent et qui rient, des chiens qui aboient, des chevaux qui hennissent, des poules qui caquètent...
(in " Le Jura et le pays Franc-Comtois " par G.Fraipont Paris)

Gravure ancienne d'Eugène Sadoux 1890
Henri Bouchot, en parle aussi à la même époque
A la nuit tombante, sur le ciel cru et chaud, le Pin se fait une place magnifique. Il élève son donjon carré flanqué de poivrières, son toit bas et ses lourdes cheminées ; il se découpe en un massif grandiose, pareil aux citadelles des Maures sur les rochers d'Espagne. On arrive jusqu'à lui par une avenue au long d'une courtine drapée dans les lierres et les pampres. Et quand on a franchi la porte, qu'on découvre un à un les bâtis reliés entre eux, partis du donjon pour former l'assise formidable du quadrilatère, un serrement de coeur vous prend de ces persiennes vertes et banales accrochées aux fenêtres, des granges taillées dans les murs, des escaliers bêtes conduisant aux portes à accolades. Une maisonnée de paysans s'est logée là, qui paraît un nid aux tours de Notre-Dame.
(in " La Franche-Comté " par Henri Bouchot Paris 1890)
L'ensemble fortifié du Pin
Plan de l'ensemble du site :
D'après le cadastre du début du XIXème siècle, et une légende donnée par A.Bouvard
1923 : Début des restaurations : Watteville propriétaire
1926 : Inscription à l'I.S.M.H.
(L'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques)
1936 : Plan de l'architecte Martin
Partie ancienne
Plan de l'état ancien :
D'après un relevé de G.Martin en septembre 1936 et une légende donnée par A.Bouvard
1960 : REGION DE FRANCHE-COMTE
Aujourd'hui super résidence secondaire